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Kokoï de Colombie / Phyllobate terrible

Phyllobates terribilis

Grenouilles et crapaudsFamille : Dendrobatidae
Poids
environ 30 g pour un adulte bien constitué
Kokoï de Colombie / Phyllobate terrible (Phyllobates terribilis)

Présentation

Origine / Répartition

L’espèce est endémique de la façade pacifique de la Colombie, principalement dans les régions de Chocó et du Valle del Cauca. Elle occupe des forêts tropicales humides de basse altitude, au climat très pluvieux, avec une végétation dense et un couvert forestier fermé, souvent à proximité de petits cours d’eau, de suintements ou de mares temporaires.

Taille adulte

Les mâles atteignent en moyenne 3,5 à 4,5 cm de longueur museau–cloaque, ce qui en fait déjà de grosses dendrobates par rapport à d’autres genres. Les femelles sont légèrement plus grandes et plus massives, avec des valeurs moyennes autour de 4,7 cm et des extrêmes décrits jusqu’à environ 5,5 cm, ce qui se traduit en captivité par des femelles visiblement plus robustes au sein d’un groupe.

Espérance de vie

En captivité, la longévité tourne généralement autour d’une dizaine d’années lorsque les conditions de maintenance (température, hygrométrie, alimentation) sont correctement respectées. Certaines sources indiquent que, dans un environnement très stable et bien géré, des individus peuvent atteindre ou dépasser 15 à 20 ans, ce qui reflète le potentiel de longévité élevé de cette espèce si elle est bien soignée.

Comportement et habitat

Mœurs

diurne

Habitat

Dans le milieu naturel, P. terribilis occupe le sous‑bois de forêts tropicales primaires ou peu dégradées, où la température est chaude, l’air saturé d’humidité et le sol recouvert d’une épaisse litière de feuilles. L’espèce vit surtout au niveau du sol ou sur les éléments bas (racines, souches, feuilles mortes), profitant de nombreuses cachettes naturelles et de la proximité de micro‑points d’eau qui contribuent à maintenir une hygrométrie très élevée.

Mode de vie

En nature, les individus se rencontrent généralement en petits groupes lâches ou en proximité les uns des autres, sans former de colonies soudées, ce qui évoque un mode de vie plutôt individuel mais tolérant. En captivité, plusieurs sources indiquent que l’espèce supporte bien la vie en groupe si le terrarium offre une surface suffisante, et qu’il est possible de maintenir des petits groupes stables lorsque les cachettes et les zones de fuite sont nombreuses.

Territorialité

Les mâles défendent un petit territoire de chant et de reproduction, ce qui peut entraîner des interactions agonistiques lorsqu’ils sont trop nombreux ou confinés. En captivité, cela se manifeste surtout par des poursuites, des postures de dominance et parfois des comportements agressifs lors de la nourriture, d’où l’importance de limiter la densité et de surveiller les individus dominés.

Installation et maintenance

Taille minimum du terrarium

Des recommandations de programmes de conservation et d’élevage suggèrent qu’un terrarium d’environ 50 × 50 × 50 cm est un minimum pour un groupe d’environ cinq animaux, avec un aménagement riche en végétation, en cachettes et en reliefs. Pour l’élevage de loisir, il est judicieux de partir sur des dimensions proches ou supérieures (par exemple au moins 60 cm de côté pour un groupe restreint), en privilégiant surtout la surface au sol et la possibilité d’installer un gradient thermique et des zones plus sèches.

Population min/max

Certaines fiches de terrariophilie indiquent que l’espèce peut être maintenue en groupe, avec des exemples de groupes de 10 à 15 individus dans de grands aquaterrariums, même si, dans la nature, les groupes observés sont plus réduits, autour de quelques individus. Pour la pratique courante, il est préférable de commencer avec un petit groupe (par exemple 3 à 5 grenouilles) dans un volume adapté, puis d’augmenter la population uniquement si la surface, la plantation et la stabilité sociale le permettent.

Température

Les données écologiques indiquent un milieu naturel chaud, avec des températures souvent comprises entre 25 et 28 °C, ce qui se traduit en captivité par une zone principale autour de 24–26 °C et une zone plus chaude pouvant monter ponctuellement un peu au‑dessus. La nuit, une légère baisse vers 21–23 °C est recommandée pour reproduire le cycle naturel et permettre un repos thermique, tout en évitant les chutes brutales ou les températures trop basses.

Éclairage UVB / Chauffage

Les recommandations récentes pour les dendrobates de sous‑bois préconisent un éclairage UVB faible à modéré, de l’ordre d’un tube faible intensité adapté aux espèces forestières, avec une exposition indirecte et filtrée par des plantes et du décor. L’objectif n’est pas de reproduire un plein soleil, mais plutôt un sous‑bois lumineux avec des zones d’ombre, afin de permettre une synthèse correcte de la vitamine D tout en offrant de nombreuses possibilités d’évitement des UVBN.

Le chauffage est généralement assuré par le haut ou l’arrière du terrarium (rampe chauffante douce, tapis ou câble régulé) afin de créer un gradient sans dessécher exagérément le substrat. Le point chaud doit rester inaccessible aux animaux et contrôlé par thermostat, en complément d’une bonne ventilation, pour maintenir une atmosphère chaude et humide sans provoquer de surchauffes locales.

Hygrométrie

L’espèce demande une hygrométrie très élevée, souvent supérieure à 80%, avec un substrat constamment humide et une végétation dense qui conserve l’humidité. Le jour comme la nuit, l’humidité doit rester stable, mais il est utile de prévoir des phases légèrement moins saturées entre les brumisations pour limiter les moisissures, tout en évitant que le terrarium ne se dessèche en profondeur.

Reproduction

Dimorphisme sexuel

Le dimorphisme est surtout visible par la taille et la corpulence, les femelles étant en moyenne plus grandes et plus robustes, avec un abdomen plus large, surtout en période de reproduction. Les mâles présentent un corps un peu plus gracile et sont responsables des vocalisations et des soins parentaux, ce qui permet de les différencier au sein d’un groupe mature.

Maturité sexuelle

La maturité sexuelle semble liée à la taille corporelle plutôt qu’à un âge fixe, avec des femelles considérées comme matures au‑delà d’environ 41 mm et des mâles au‑delà d’environ 37 mm. Dans la pratique d’élevage, cela se traduit par une maturité qui intervient après plusieurs mois à plus d’un an de croissance, selon la qualité de l’alimentation et des paramètres de maintenance.

Ponte

L’espèce est ovipare, la femelle pondant des pontes d’une vingtaine d’œufs sur un support humide (feuille, abri proche du sol), qui sont ensuite fécondés par le mâle de façon externe. Après une incubation d’environ 13 jours dans des conditions chaudes et humides, les têtards éclosent puis sont transportés sur le dos par le mâle vers des points d’eau adaptés, où ils poursuivent leur développement jusqu’à la métamorphose.

Alimentation

Régime alimentaire

P. terribilis est insectivore, se nourrissant principalement de petits invertébrés terrestres, comme des fourmis, des acariens et d’autres arthropodes riches en alcaloïdes dans son milieu naturel. Cette diversité de proies est à l’origine de sa toxicité exceptionnelle à l’état sauvage, toxicité qui disparaît en captivité lorsque le régime alimentaire ne contient plus ces insectes spécifiques.

Alimentation

En captivité, on utilise un panel de petites proies d’élevage, comme des drosophiles, micro‑grillons, collemboles, pucerons et petites larves d’insectes, distribué en quantité suffisante pour répondre à son métabolisme rapide. Il est important d’offrir une grande variété de proies, à la bonne taille, pour couvrir les besoins en protéines, lipides et micronutriments et éviter les déficits dus à une ration trop monotone.

Fréquence des repas

Les juvéniles doivent être nourris très fréquemment, souvent tous les jours ou presque, avec de très petites proies abondantes afin de soutenir une croissance régulière sans carences. Les adultes peuvent être nourris plusieurs fois par semaine (par exemple 3 à 5 fois selon la densité et la température), en ajustant la quantité à la condition corporelle et en évitant l’obésité dans les terrariums très productifs.

Compléments alimentaires

La supplémentation en calcium et vitamines est indispensable, en saupoudrant les proies juste avant la distribution, avec une alternance entre calcium pur, calcium + D3 et complexes vitaminiques selon la fréquence d’alimentation. Les lignes directrices d’élevage recommandent de respecter les dosages des fabricants et d’adapter la fréquence en fonction de la présence ou non d’UVB pour prévenir les troubles osseux métaboliques.

Fiche rédigée par l'équipe TerrAddict · mise à jour le 12 février 2026

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